Des dessins inédits de Pierre Bonnard pour le Salon du Dessin
Le trait Bonnard : dessins provenant de la succession de Madame Terrasse
Du 25 au 30 mars 2026, la galerie participera au Salon du Dessin au Palais Brongniart à Paris et ce sera l'occasion de présenter aux côtés d'oeuvres sur papier d'Eugène Delacroix, Edmond Cross, Camille Pissarro, Paul Jouve et d'autres, un ensemble de dessins inédits de Pierre Bonnard.
Andrée Bonnard, soeur du peintre, épouse le compositeur Claude Terrasse en 1890. La vie familiale du couple Terrasse, avec leurs cinq enfants : Jean-Claude, Charles, Robert, Renée et Eugénie (Vivette), sera pour Bonnard une source d’inspiration majeure. Au Clos (Grand-Lemps), la propriété des Bonnard en Isère, le peintre partage une intimité familiale qu’il photographie, dessine et peint avec plaisir. La famille est réunie au jardin par une après-midi ensoleillée, les enfants s’ébattent dans le bassin, Charles et Jean apprennent leurs leçons, Andrée donne à manger à Charles, à Vivette, sur la table de la cuisine…
Lui qui n’aura jamais d’enfant avec sa femme Marthe se glisse en témoin ému et fasciné de ces années qui voient grandir ses neveux et nièces. Bonnard illustre les partitions de son beau-frère Claude et la fidélité des Terrasse à l’oeuvre du peintre ne se démentira pas.
Charles deviendra historien d’art, conservateur en chef du château de Fontainebleau, publiant notamment sur son oncle et d’autres peintres de son temps.
Son fils Antoine, à sa suite, est connu pour être l’un des grands spécialistes de Pierre Bonnard. Sa vie durant, avec l’aide de son frère Michel, il oeuvra pour mieux faire connaitre le travail de son grand-oncle, en France comme à l’étranger.
Un feuilleton judiciaire bien connu relatif à la succession de l’artiste mettra la famille Terrasse au premier plan de l’actualité.
En décembre 2013, une grande vente aux enchères dispersait le fonds Antoine Terrasse après son décès.
Nos dessins, quant à eux, appartenaient à Françoise Terrasse, soeur plus discrète des jumeaux Antoine et Michel Terrasse. Issus de plusieurs carnets de l’artiste, ils évoquent souvent la propriété du Grand Lemps ou un séjour à Arcachon. Bonnard y observe sensiblement la nature. Parfois annotés au dos de la main d’Antoine Terrasse, qui trouva dans cet ensemble une précieuse source de renseignements sur la genèse des tableaux, chacun de ces dessins constitue un émouvant témoignage de la mise en place du travail de l’artiste. De la simple esquisse d’arbre ou de paysage, suggérant le mouvement par des lignes sinueuses et dynamiques, à la feuille plus étudiée, structurant déjà l’espace du tableau en confiant la plénitude des volumes à des hachures, chaque morceau du puzzle, à sa manière, nous donne à lire le trait Bonnard, avant que la couleur ne le dévore.
